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Souffrance psychique et exclusion : une alliance GHU Paris / RATP

D’après les chiffres de la Nuit de la Solidarité* 3000 personnes dorment dehors à Paris dont les deux tiers dans les rues de la capitale et presque un tiers restant dans les lieux protégés par les partenaires de la Ville (gares, hôpitaux, parking, etc…). 377 sans-abris ont été rencontrés dans le métro cette nuit-là.

La RATP est donc confrontée à un nombre important de personnes sans domicile fixe qui présentent souvent une souffrance psychique. Rappelons en effet qu’un tiers des SDF sont atteints de troubles psychiatriques et qu’ils sont 10 fois plus touchés par les troubles psychotiques que la population générale**.

Face à cette situation, et dans le souci d’adapter l’approche clinique avec le contexte, la RATP a fait appel au GHT Paris psychiatrie & neurosciences, maintenant GHU Paris, pour définir ensemble un accès aux soins ad hoc des personnes atteintes de pathologies psychiatriques.

Le pôle Psychiatrie-Précarité dirigé par le Dr Mercuel comprend plusieurs unités fonctionnelles dont les Equipes Mobiles Psychiatrie -Précarité – EMPP qui vont à la rencontre des personnes les plus précaires et présentant une souffrance psychique afin d’évaluer leurs besoins, de les convaincre d’accéder à des soins nécessaires. Leur périmètre d’action comprend tout Paris, le périphérique, les voies sur berge, les bois de Boulogne et Vincennes et en ce qui concerne la RATP, tout le réseau ainsi que les gares parisiennes RER.

Une fois cet accès aux soins opéré, un appui aux équipes de secteur peut être mis en place grâce à la Permanence d’Accès aux Soins de Santé en milieu Psychiatrique -PASS Psy- qui favorise l’accès aux soins somatiques et aux droits une fois les patients engagés dans une prise en charge ou un suivi.

Ces équipes viennent compléter et appuyer les acteurs sociaux en amont de l’accès aux soins et renforcer les compétences des acteurs médico-psycho-sociaux et soignants.

Ainsi, plus précisément pour les personnes signalées par la RATP, il a été signé une convention entre le GHU Paris et la RATP afin de faciliter les actions auprès des personnes en souffrance. Une douzaine de personnes par an accèdent de la sorte aux soins : parfois très rapidement par un parcours indirect par les structures d’accueil et d’urgence, qu’elles soient psychiatriques ou non ; parfois plus posément et en dehors de situations urgentes par un accompagnement auprès des structures psychiatriques référentes des soins avec lesquelles les personnes avaient rompu le contact. Parallèlement le pôle Psychiatrie-Précarité sensibilise et forme les acteurs de la RATP intervenant auprès des personnes en grande précarité ou en exclusion.

*Comptage effectué par 300 professionnels et 1700 bénévoles parisiens dans la nuit du 15 au 16 février 2018

* *Étude réalisée par l’observatoire du Samu social de Paris et l’Inserm