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Vulnérabilité génétique et expériences infantiles traumatiques sont impliquées dans la personnalité borderline

Une nouvelle étude menée par les équipes de la Clinique des Maladies Mentales et de l’Encéphale (CMME) associées à l’Institut de Psychiatrie et Neurosciences de Paris (IPNP) confirme le rôle du gène FKBP5 dans la personnalité limite, et montre plus spécifiquement que ce variant interagit avec des facteurs de risque précoces (maltraitance) pour expliquer le développement du trouble.

Ce que l’on sait :

Il a déjà été démontré, notamment dans le cadre de la réponse au stress, que la présence de variants du gène FKBP5 était associée à l’émergence du trouble de la personnalité dit « borderline » ou « limite ».

Un trouble borderline est une maladie psychiatrique qui peut s’exprimer sous différentes formes : instabilité affective et émotionnelle, clivage, comportements à risque, addictions, dépression, troubles anxieux…

D’autre part, on sait que l’expérience de maltraitance infantile, soit passive (négligences…), soit active (abus physiques ou émotionnels) peut constituer un terrain psychique favorable au développement de troubles borderlines.

Ce que l’on cherche à démontrer :

Les chercheurs ont testé l’hypothèse selon laquelle l’effet délétère d’abus précoces était potentialisé chez des sujets ayant des variants génétiques de vulnérabilité du gène FKBP5.

L’étude a concerné une cohorte de patients diagnostiqués « borderline » et un échantillon ne présentant pas cette pathologie, tout en analysant le vécu traumatique dans l’enfance pour tous les participants.

Il en résulte qu’une personne victime de maltraitance et porteuse du gène FKBP5 infantile est plus susceptible de présenter une pathologie borderline, validant l’hypothèse d’une vulnérabilité génétique et le rôle développemental traumatique du trouble, mais surtout mettant en évidence l’importance de l’interaction gène-environnement .

Ce que l’on apprend :

Dans cette étude nécessitant réplication, l’interaction entre facteurs de vulnérabilité au cours du développement du sujet – la maltraitance – et facteurs de risques génétiques est démontrée.

« Nous sommes bien le fruit d’une interaction entre ce dont nous héritons (de nos parents) et ce que la vie nous offre (le meilleur comme le pire…) » conclut le professeur Philip Gorwood, Chef de pôle de la CMME et co-auteur de l’étude.