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[Etude nationale] Directives anticipées en milieu psychiatrique : le GHU Paris conduit une étude axée sur l’empowerment

Depuis le 1er janvier, le laboratoire de recherche en sciences sociales du GHU Paris psychiatrie & neurosciences participe à une étude nationale sur les Directives Anticipées incitatives Psychiatriques (DAiP) aux côtés de deux autre sites, Lyon et Marseille, qui en est l’initiateur.

Elle se concentre sur les personnes souffrant de schizophrénie, de troubles bipolaires de type I ou de troubles schizo-affectifs.Qu’est-ce que les DAiP ?

Qu’est-ce que les DAiP?

Dans certaines pathologies psychiatriques, les capacités de jugement peuvent être affectées. Lors de décompensations, la personne qui vit avec ces troubles n’est plus en mesure de décider pour elle-même. Dans ces moments, les décisions peuvent être difficile à prendre pour celui ou celle qui les subit.

Les DAiP permettent aux personnes concernées d’écrire, de partager des consignes et de désigner des personnes de confiance à titre préventif. Ainsi leurs choix et préférences peuvent être connus et respectés si des situations de crise adviennent altérant leur discernement. Toutefois, du fait de leur caractère indicatif, les DAiP n’ont pas de valeur obligatoirement contraignante pour les proches et les soignants, ceci notamment si les soins demandés ne correspondent pas aux normes en pratique.L’étude et la méthode

L’étude et la méthode

L’objectif de l’étude est de vérifier si les DAiP sont bien acceptées par les différents acteurs et de mesurer leur efficacité sur le parcours de soins des gens qui les rédigent.

L’hypothèse de la recherche : un travail de rédaction de directives avec la personne ayant un trouble psychique grave peut favoriser l’alliance thérapeutique et l’empowerment du patient, améliorer les conditions d’hospitalisation et réduire le nombre d’hospitalisations sous contrainte.

Il s’agit donc d’une étude statistique comparative entre les personnes ayant recours aux directives anticipées et celles qui ne se sont pas engagées dans cette démarche.

Un groupe de chercheurs issus de plusieurs disciplines et de toute la France a été formé autour de cette question : sociologues et anthropologues, psychiatres, psychologues, éthiciens, mais aussi géographe, économiste et philosophe.

400 personnes suivies en psychiatrie vont participer à la recherche : 100 à Paris, 150 à Lyon et 150 à Marseille, répartis de manière aléatoire en deux groupes : 200 personnes rempliront leurs DAiP avec des médiateurs de santé et 200 autres seront des « témoins», c’est à dire qu’ils poursuivront le cours de leur projet de soin habituel. Cette méthode de l’essai randomisé contrôlé a été choisie car elle était la plus rigoureuse.Une expérimentation dans le Nord de Paris

Une expérimentation dans le Nord de Paris

Le laboratoire du GHU Paris vise à évaluer l’impact de directives anticipées en milieu psychiatriques.

Au sein du GHU Paris psychiatrie et neurosciences, 100 personnes ont été recrutées au sein des CMP et en intra-hospitalier. A ce stade, les structures du 19ème arrondissement (secteurs G25 et G26) et du 18ème (secteurs G22 et G23) sont concernés ; d’autres pourront rejoindre le protocole.

Accompagnée par un médiateur de santé pair, la personne incluse dans le groupe DAiP aura la possibilité de remplir ses directives personnelles. Elle sera ensuite encouragée à partager le document rédigé avec (1) sa personne de confiance, (2) son psychiatre traitant et (3) l’équipe de recherche.

En cas d’hospitalisation en psychiatrie, le document DAiP sera remis à l’équipe hospitalière par le patient, sa personne de confiance ou le psychiatre traitant.

Le projet se déroule sur 18 mois, dont 6 mois de mise en place et 12 mois de suivi.C

Contact
Laboratoire de recherche en sciences sociales du GHU Paris :
Aurélien Troisoeufs – aurelien.troisoeufs@ghu-paris.fr