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Rencontre avec Agnès Le Chevallier, infirmière en addictologie


 « On essaie de comprendre ce qui les a amenés à consommer »

Agnès Le Chevallier est infirmière au sein du Centre de Soins, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie – CSAPA du GHU Paris psychiatrie & neurosciences. Elle travaille dans les locaux de la Maison d’Arrêt de La Santé.

Des soins intégrés dans l’enceinte pénitentiaire

Depuis la loi de janvier 1994, la prise en charge sanitaire des personnes détenues dans l’ensemble des établissements pénitentiaires est confiée au Ministère de la Santé et non plus par le Ministère de la Justice. Cela a considérablement amélioré l’organisation des soins entre les murs. En effet, alors qu’auparavant les infirmier/ères allaient à la rencontre de chaque détenu dans leur cellule, ils/elles les accueillent aujourd’hui dans un hôpital importé au sein même de la Maison d’Arrêt.

Un parcours atypique dédié aux personnes isolées socialement

Après 16 ans d’expérience en tant que professionnelle paramédicale au sein d’une équipe mobile dédiée à la gériatrie, Agnès Le Chevallier a eu envie de changer de spécialité et s’est tournée vers les services d’addictologie : « Je retrouve des similitudes entre la gériatrie et l’addictologie. Ce sont des personnes qui ont besoin de contacts humains. Nous avons une position d’écoute et d’échange ».

L’enjeu d’Agnès Le Chevallier est d’accompagner les détenus jusqu’à leur sortie et d’assurer la continuité de leurs soins.

Un métier enrichissant tourné vers l’avenir des détenus

Les progrès quotidiens des patients et le contact humain motivent celle qui reconnaît n’avoir jamais eu autant de reconnaissance de la part de patients. Pourtant la tension peut être forte : « En addictologie, on essaie de comprendre ce qui les a amenés à consommer. Il existe beaucoup de tentations après une incarcération et le risque de replonger est bien présent. Dans la maison d’arrêt, ils doivent gérer leurs tensions internes car la frustration est forte et les sentiments exacerbés par le milieu carcéral ».

Sur 550 détenus, 235 sont aujourd’hui suivis par ce service. Pour certains, cette proximité et cette continuité de la prise en charge est rassurante. Pour d’autres, c’est plus difficile à assumer, tant pèse le regard des autres.

Ses principales missions sont les entretiens de substitution et de motivation, la recherche de structures relais pour la sortie et la mise en place d’alternatives de soins comme l’ETP (Education Thérapeutique du Patient) grâce à la création de groupes de « jeunes consommateurs avec réductions des risques » par exemple.

Agnès Le Chevallier nous précise qu’il faut avoir une certaine maturité professionnelle et personnelle ou une première expérience dans le milieu pour y travailler mais « tant qu’on ne l’a pas vécu, on ne le sait pas ! »

Toutes les équipes de soins psychiatriques et addictologiques sont situées au même étage. Cela permet une complémentarité des soins et une meilleure communication entre chaque spécialité.

>>> Pour en savoir plus :

Le GHU Paris psychiatrie & neurosciences redéploie son offre de soins dédiée aux personnes détenues au sein du Centre pénitentiaire Paris la Santé