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Rencontre avec Maïra Canihac, infirmière en psychiatrie


« La réinsertion se fait aussi par la santé »

Après avoir étudié à l’Institut de Formation en Soins Infirmiers Antoine Béclère, Maïra Canihac effectue son stage de 3ème année au sein de l’Etablissement Public de Santé National – (EPSNF) à Fresnes, au service addictologie. Cette première insertion en milieu carcéral lui fait découvrir sa vocation.

En septembre 2018, elle intègre la consultation extra carcérale du GHU Paris en attendant l’ouverture du Service Médico-Psychologique Régional (SMPR) en janvier au sein de la Maison d’Arrêt rue de la Santé. Elle bénéficie alors d’une formation complémentaire sur le droit en milieu pénitentiaire.

Lors de l’arrivée d’une personne détenue, l’équipe du SMPR lui présente le fonctionnement, le rôle et l’offre de soins du service. Elle peut alors demander un premier entretien avec l’infirmière qui évalue sa demande et l’oriente le cas échéant vers un psychologue ou un psychiatre.

Maïra Canihac insiste sur l’indépendance judiciaire du personnel SMPR et l’application du secret médical.

« Il n’y a pas d’obligations de soins psychiatriques en milieu carcéral. Nous les rencontrons tous la première semaine de leur détention et restons à leur disposition tout au long de leur incarcération, nous explique Maïra Canihac. C’est un milieu très spécifique car il y a forcément une dimension juridique et sociale spécifique à chaque détenu. »

Leurs principales missions sont les entretiens avec les détenus et la dispensation hebdomadaire des traitements en collaboration avec l’unité somatique ambulatoire rattachée à l’Hôpital Cochin.

« Les infirmiers sont en première ligne », souligne-t-elle. Nous sommes très sollicités par les détenus et les différents professionnels intervenant auprès d’eux. Nous leur prêtons une oreille attentive et discutons avec eux de leurs projets à la sortie ; la réinsertion se fait aussi par la santé. Nous préparons cette intégration en lien avec la consultation extra carcérale du GHU Paris sur le site Sainte-Anne et l’ensemble des acteurs sanitaires, sociaux et médico-sociaux ou encore associatifs impliqués dans le parcours de soins. »

Qui sont les personnes détenues de la maison d’arrêt de la Santé ?

Les détenus ou condamnés de la maison d’arrêt peuvent être des personnes en attente de jugement domiciliées à Paris, ou présentant une situation familiale ou personnelle qui nécessite qu’elles soient logées dans la capitale.

Le profil des patients est très divers. Ils sont cependant souvent en attente de soins immédiats : « il y a souvent une forme d’urgence. »

Aujourd’hui, l’équipe du SMPR est composée de 5 infirmiers, d’une psychomotricienne, d’une ergothérapeute, de 3 psychologues, d’une cadre de santé, d’une assistante médico administrative et de 2 psychiatres pour 600 détenus à ce jour.

Pour en savoir plus :
Le GHU Paris psychiatrie & neurosciences redéploie son offre de soins dédiée aux personnes détenues au sein du Centre pénitentiaire Paris la Santé