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DURESS : une approche sociale du rétablissement dans la toxicomanie

Dans le domaine de la consommation de substances illicites, la politique de prise en charge dans les pays européens a considérablement évolué avec l’arrivée de l’épidémie du sida et des stratégies de traitement des toxicomanies axées sur la réduction des risques (notamment, traitements de substitution). En effet, avec de tels programmes, on observe, au fil du temps une réduction de l’utilisation de produits illégaux. Cependant, cela permet rarement de résoudre l’ensemble des difficultés vécues par les populations en question, telles que leur situation sociale, culturelle, relationnelle et juridique. Une approche axée uniquement sur la toxicomanie est souvent inappropriée pour ces personnes aux prises avec des problèmes complexes.

L’étude DURESS* a pour objectif de décrire le rôle de l’environnement social (famille, amis, travail, droits sociaux, quartier…) dans le parcours de rétablissement des usagers de substances illicites dans trois villes européennes : Milan, Porto et Paris. Son calendrier court d’octobre 2017 à septembre 2019.

Il s’agit d’une recherche qualitative s’appuyant sur une méthode mixte :

  1. Des health diaries (“journaux de santé”) : 25 usagers tiennent un journal sur leur propre santé sur une période de six mois. Ils y décrivent les moments faciles et les moments difficiles, les obstacles et les facilitateurs pour leur projet de rétablissement par rapport à l’usage de produits, et l’évolution de leur projet de soins et de leur projet de vie dans le temps.
  2. Deux focus groupes : (a) un groupe avec des usagers des services de soins en addictologie et des membres d’associations d’usagers, (b) un groupe avec d’autres parties prenantes (professionnels, addictologues, autres experts…) impliqués dans l’accompagnement des parcours de soins et de rétablissement.
  3. Des entretiens individuels avec 15 témoins de proximité de l’accompagnement des parcours de rétablissement des usagers de drogue. Ils portent sur les facteurs de la vie quotidienne et sociale susceptibles d’influencer le parcours de rétablissement et de réhabilitation psychosociale.

Résultats : En comparant le point de vue des usagers, proches et professionnels sur l’impact du contexte social dans le projet de rétablissement des usagers, l’étude actuelle devrait contribuer à améliorer les pratiques des services d’addictologie. ceci afin qu’ils prennent davantage en compte les facteurs sociaux (famille, proches, quartier, emploi…) intervenant dans le rétablissements.

Pour toute question concernant ce projet de recherche, vous pouvez joindre Tim Greacen : tim.greacen@ghu-paris.fr

*Drug Use Recovery, Enviroment and Social Subjectivity