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Les diététiciennes du GHU Paris mettent les mains à la pâte !

La nutrition a aujourd’hui une place reconnue dans la prise en charge en psychiatrie. La généralisation de l’information grand public, les traitements et leurs effets secondaires, mais surtout la santé nutritionnelle fragile des patients suivis en neurologie ou en psychiatrie ont accompagné ce changement de paradigme. Si la diététique reste parfois perçue comme « une frustration supplémentaire, par la fourchette », ou comme une énième injonction au régime, la nutrition est tout de même parvenue à devenir un allié indispensable du dépistage, de la prévention ou de la prise en charge.

Les régimes alimentaires

La notion de « régime » et en effet bien plus vaste et joue un rôle parfois clé dans la pathologie. C’est évident dans le cas des troubles des conduites alimentaires. ça l’est encore davantage dans la recommandation d’alimentations à texture contrôlée ou modifiée qui permettent de pallier les troubles de la déglutition si prégnants en psychiatrie. Pour mémoire, ces troubles constituent la 1ère cause de mortalité en hospitalisation en psychiatrie et la 1ère cause de dénutrition en gériatrie. On évoquera également le « régime de type méditerranéen » en neurologie.

Les personnes atteintes de troubles psychiatriques : une population plus à risque

Au sein du GHU Paris, l’action des diététiciennes est particulièrement mobilisée envers les patients psychiatriques dont les troubles nutritionnels spécifiques sont plus délétères que dans la population générale. Les mêmes écarts de comportement alimentaire sont retrouvés mais de façon majorée voire caricaturale : produits transformés trop caloriques, pauvres en nutriments et en fibres satiétogènes (créer la sensation de satiété), pas assez de fruits, de légumes et de céréales complètes. Les boissons sucrées « stimulent » la prise de poids, l’excès de sel a des conséquences cardiovasculaires et ostéoporotiques bien connues ainsi que l’excès d’alcool. Ces consommations sont de plus souvent prises en dehors des repas et additionnées à un grignotage; autant de facteurs qui entretiennent le métabolisme d’épargne.

La dénutrition est aussi une pathologie nutritionnelle fréquente

Malnutrition: des facteurs divers

Dans les dérèglements nutritionnels, plusieurs déterminants extérieurs sont en cause : accès à l’information, faible pouvoir d’achat, habitat précaire, équipement électroménager inadapté, appétence et satiété perturbées, sédentarité… préparant un terrain propice au syndrome métabolique avec ses risques d’accidents cardio ou cérébro-vasculaire; sans oublier les autres conséquences également dommageables comme la perte d’estime de soi, la détérioration de l’image corporelle, la stigmatisation.

Remarque : pour les patients souffrant d’obésité : parmi eux, 10% de femmes et 4% d’hommes sont actuellement en obésité de classe II et III (supérieure à la prévalence nationale)

Diététiciennes : une action éducative pour tous

L’action des diététiciennes dans les structures intra et extrahospitalières est avant tout éducative, par l’information et l’adaptation personnalisée des repas pendant l’hospitalisation, le suivi en consultation individualisée et/ou par l’exemple lors des ateliers éducatifs (atelier culinaire, atelier de découverte des saveurs…). Elle peut aussi être plus construite dans le cadre de l’éducation thérapeutique ( lire l’article En route vers l’équilibre).

Les diététiciennes travaillent en interdisciplinarité avec les équipes de psychiatrie, de santé somatique et les médecins de ville.

Pour assurer la promotion des conseils d’hygiène de vie essentiels aux patients en psychiatrie, les diététiciennes gèrent également une association sportive à destination des usagers, PEPS (Partageons Ensemble la Pratique du Sport), association qui propose deux activités sportives par semaine dans des gymnases parisiens avec des éducateurs sportifs qualifiés. Sans compter des activités ponctuelles ou sorties (tournoi de basket en avril, tournoi de badminton en juin, initiation au golf en mai, 50 places pour assister à un match de football féminin au parc des princes en juin, …)

Le soin alimentaire est la première mission des diététiques, et le plaisir de manger est la meilleure garantie d’écoute et de bien-être.

13 juin 2019 : une journée dédiée à l’alimentation grâce à l’opération « sets de table équilibrés »

La Journée d’Alimentation à l’Hôpital s’est tenue le 13 juin dernier et le GHU Paris s’y est associé sur l’initiative du CLAN (Comité de Liaison Alimentation Nutrition).

Un repas complet, équilibré et diététique, élaboré et conçu par le service diététique et le service restauration du GHU Paris a été organisé pour les patients et résidents des différents sites. La journée a été l’occasion de mettre en avant l’alimentation responsable avec les problématiques suivantes : la qualité des produits, l’approvisionnement de proximité et la lutte contre le gaspillage.

Cette opération offre aux patients et aux résidents une autre vision sur l’alimentation en leur offrant un nouveau point de vue comme celle d’un moment de plaisir partagé.