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[Publication Nature Genetics ] L’anorexie, un trouble métabo-psychiatrique ?

Le GHU Paris participe à une étude d’envergure mondiale qui renouvelle les perspectives sur une maladie particulièrement létale qu’est l’anorexie mentale. Une publication inédite et exceptionnellement vaste (elle implique plus de 24 pays du globe) relate les résultats d’une étude pan-génomique sur l’anorexie mentale. 2 millions de marqueurs façonnant notre identité génomique ont été testés au sein de 17 000 cas, et 55 000 contrôles. Le GHU Paris et en son sein les équipes de la Clinique des Maladies Mentales et de l’Encéphale, premier centre français traitant les TCA, ont participé à cette étude en recrutant et analysant 500 patients de cette cohorte internationale.

Ce que l’on sait / L’anorexie mentale est un trouble complexe et grave, qui touche entre 1 et 4% de la population féminine. Le taux de mortalité des personnes atteintes d’anorexie mentale est supérieur à ceux de toute autre pathologie psychiatrique, et l’héritabilité de cette maladie est élevée (70%).

Ce que l’on apprend / L’étude a permis de détecter huit gènes impliqués dans la maladie. Elle permet en outre d’établir une intrication génétique entre l’anorexie mentale et d’autres pathologies, telles que les TOC ou la dépression, mais également des aspects cognitifs, telle la performance scolaire ou sportive. L’étude apporte des enseignements tout à fait originaux sur l’origine des gènes impliqués qui semblent concerner autant des facteurs psychiatriques et cognitifs, que des dimensions purement métaboliques, tels l’indice glycémique, les facteurs lipidiques, ou l’indice de masse corporel (IMC). Les auteurs proposent même de renommer l’anorexie « mentale » un trouble « métabo-pschiatrique ».

Ce que cela change / Par son étendue et sa puissance, l’étude démontre une implication équivalente des facteurs métaboliques et des facteurs psychiatriques dans l’anorexie mentale, et leur prévalence génétique.  Cela amène à reconsidérer l’approche thérapeutique des patients en situation de carence alimentaire, en explorant plusieurs axes, certes psychologiques et psychothérapeutiques, mais aussi métaboliques, ce que l’on fait en organisant les soins autour d’une reprise de poids… reprise de poids pour laquelle les patients souffrant d’anorexie mentale sont donc moins bien génétiquement équipés.

Lire l’étude : https://www.nature.com/articles/s41588-019-0439-2

Genome-wide association study identifies eight risk loci and implicates metabo-psychiatric origins for anorexia nervosa ; Nature Genetics