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Une nouvelle étape franchie dans la recherche de l’évaluation de la cognition sociale chez les personnes atteintes de troubles schizophréniques ou autistiques

A circle and a triangle dancing together: Alteration of social cognition in schizophrenia compared to autism spectrum disorders “ est une étude menée par les équipes du GHU Paris, qui se concentre sur la cognition sociale des patients atteints de troubles schizophréniques et ceux atteints de troubles autistiques. Elle fait partie d’un plus vaste projet, intitulé AUSZ, dont l’objectif principal est d’identifier parmi des variables cliniques, cognitives, génétiques et en imagerie des marqueurs qui permettraient de mieux distinguer les sujets avec trouble du spectre de l’autisme et avec schizophrénie.

Le constat clinique

Les jeunes patients dont les troubles schizophréniques débutent précocement (avant l’adolescence) présentent des symptômes parfois difficiles à différencier de ceux rencontrés chez les jeunes avec trouble du spectre de l’autisme.

Les professionnels médicaux ont désormais besoin d’outils cliniques et paracliniques pour mieux identifier la pathologie. En effet, une meilleure distinction permettrait d’améliorer les stratégies thérapeutiques et médicamenteuses pour chacun de ces troubles.

On sait que ces deux pathologies entrainent des altérations de la cognition sociale, mais on suspecte aussi qu’elles ne sont pas toujours de même nature. La cognition sociale est un processus cognitif permettant d’attribuer un état mental à autrui, par exemple en identifiant ses émotions pour ajuster son comportement lors des interactions sociales. Ce processus  est primordial,  son altération ayant un retentissement majeur dans le quotidien des usagers. Une personne qui a bien été soignée (qui ne présente plus de symptômes) peut ainsi garder un handicap fonctionnel important si elle rencontre des difficultés d’interaction sociale et de communication.

Ce que les publications démontrent

162 jeunes adultes âgés de 18 à 30 ans ont participé au protocole AUSZ. Ils  présentaient soit un trouble schizophrénique, soit un trouble du spectre de l’autisme ; la cohorte comprenait également un échantillon d’individus sans trouble. Tous ont bénéficié d’une large évaluation comprenant des entretiens cliniques et un examen physique, des tests neuropsychologiques (efficience intellectuelle, fonctions exécutives, cognition sociale), un prélèvement sanguin en vue d’une analyse génétique (puces à ADN) et une IRM cérébrale anatomique.

Cette nouvelle étude vient conforter les résultat une étude précédente, intitulée « Phenotype continuum between autism and schizophrenia:  Evidence from the Movie for the Assessment of Social Cognition (MASC) » publiée en 2017  en mettant en évidence des différences majeures entre troubles autistiques et schizophréniques : d’une part quantitative car les personnes atteintes de troubles du spectre de l’autismes présentent  une altération de la cognition sociale plus profonde que celles atteintes de troubles schizophréniques et d’autre part qualitative car la nature même des altérations est en partie différente.

Ces premiers résultats viennent souligner l’importance d’une évaluation soigneuse des troubles du développement chez les jeunes adultes avec schizophrénie, afin de leur proposer des stratégies thérapeutiques spécifiques et personnalisées, telle que la remédiation cognitive (en particulier de la cognition sociale) ou une adaptation des posologies des médicaments. En outre, la riche caractérisation phénotypique, en génétique et en imagerie à notre disposition pour un sous-groupe de patients avec schizophrénie à début précoce devrait permettre de mieux comprendre les mécanismes physiopathologiques (c’est-à-dire à l’origine de la maladie) en jeu.

Etude menée entre autre par l’équipe du GHU Paris : Gilles Martinez, Raphaël Gaillard, Marie-Odile Krebs et Isabelle Amado

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