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« Un environnement social propice favorise le soin des patients »

Pauline le Mintec est assistante sociale au sein du Pôle hospitalo-universitaire psychiatrie adulte Paris 15.

Elle travaille à la fois en intra-hospitalier sur le site Sainte-Anne et en extra-hospitalier au sein du CMP Grenelle situé au centre Eugène Millon.

Cela fait 5 ans qu’elle exerce cette profession après avoir suivi une formation de 3 ans à Nantes.

Travailler en psychiatrie lui est apparu comme une évidence lors d’un de ses stages : « Ce qui me plaît en psychiatrie est qu’on est intégré à une équipe pluridisciplinaire, on n’est pas seul. On doit aussi s’adapter tout le temps à la pathologie de la personne, c’est très intéressant. Etudier les répercussions de ces pathologies dans le quotidien et évaluer les capacités des patients afin de leur trouver une place adaptée est le cœur de notre métier. »

La place du travail social en milieu hospitalier

Les travailleurs sociaux sont forcément minoritaires dans une équipe soignante mais leur place est très importante « le social ne vient pas au premier plan mais pour favoriser le soin des patients, il faut que l’environnement social soit propice. C’est là que nous intervenons. »

Pauline n’intervient pas non plus au même moment du parcours de soin du patient selon qu’il est traité en intra ou extra hospitalier. « Lorsque les patients sont hospitalisés, ils peuvent être en phase aiguë, en crise. A ce moment-là, la relation d’aide est parfois difficile à mettre en œuvre. Je m’appuie alors sur un travail pluridisciplinaire en lien avec l’équipe médicale et soignante afin de trouver les leviers possibles pour entrer en relation avec le patient et élaborer un projet. Au sein du CMP Grenelle –  lieu de la prise en charge en ambulatoire, les patients sont stabilisés, ils arrivent souvent avec une problématique sociale, je les rencontre naturellement plus rapidement. »

Le maintien des droits pour éviter l’exclusion

Son travail est de favoriser l’accès aux droits des patients, voire de protéger ce qu’ils ont déjà : « lorsqu’une personne arrive, je dois par exemple savoir si elle a un travail. En envoyant quelques documents avec l’accord du patient, nous pouvons ainsi lui assurer de ne pas le perdre à sa sortie ».  Le médecin comme l’ASS sont en lien avec les familles et l’environnement extérieur de la personne.

Il existe une grande diversité sociale dans le 15ème arrondissement : des quartiers aisés, aux HLM (logements sociaux), des cadres supérieurs aux concierges d’immeuble, la maladie psychiatrique concerne tout le monde et ses conséquences sur la vie quotidienne sont réelles. Aide à la recherche de logement et d’un travail adapté font partie de certaines missions de l’assistante sociale, en lien avec un réseau de partenaires spécialisés. Les patients atteints de troubles psychiques sont plus vulnérables sur le plan somatique, il est important qu’ils puissent avoir accès aux soins rapidement. Tous les papiers administratifs des patients sont ainsi mis à jour pendant leur hospitalisation, avec leur contribution.

En ce moment l’hôpital accueille une population de primo-migrants sans domicile, qui avec le froid ne peuvent plus dormir à la rue. Les structures d’accueil manquent de places : « Nous faisons tout ce que nous pouvons pour les aider comme par exemple des mises en relation avec des accueils de jour ».

Pauline le Mintec suit les patients, parfois depuis leur hospitalisation jusqu’à leur prise en charge et aussi au CMP : « on est leur fil rouge ! ». Ils leur arrivent de recevoir de belles surprises : « Une personne est arrivée dans de grandes difficultés financières au CMP. On avait mis en place un prêt pour l’aider. 2 ans après, il avait trouvé un travail. Il est revenu nous rendre visite et nous a remboursés ».


Nous avons accueilli un jeune homme qui avait fait une grave tentative de suicide à 18 ans. Il a été admis dans un centre de réadaptation physique. Arrivé au sein du CMP, la psychiatre a tout de suite demandé à ce qu’on fasse tous les entretiens ensemble pour aider ce jeune à se reconstruire. Bien sûr, il a testé nos limites mais un lien s’est créé entre l’équipe médicale et lui.  Nous lui avons trouvé une place au sein d’un centre soins-études. Malgré l’arrêt temporaire de ses études liées à sa pathologie, il a eu son bac. Aujourd’hui, il est toujours au sein de l’établissement, le temps qu’il termine de mettre en place son projet. Il a trouvé une école qui lui plaît mais qui a un certain coût. Il a établi un budget, recherche un travail pour la payer. Son parcours est impressionnant car cela s’est fait en un an ; il est transformé, est devenu adulte. On a suivi toute sa progression et toutes les phases par lesquelles il est passé. Son challenge désormais sera l’intégration dans le monde du travail.