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L’assistante sociale : Un poste clé dans la concrétisation des projets de vie des patients

Nathalie Belouar est Assistante Socio-Educative au sein du pôle psychiatrie, dépendance et réhabilitation dans l’Unité de Soins et de Réhabilitation (USR) du site du Perray depuis 2018. Elle accueille et accompagne actuellement 18 patients aux parcours et projets divers ; l’objectif est de trouver pour chacun un projet de vie personnalisé et adapté.

Pour rappel, le pôle Psychiatrie Dépendance et de Réhabilitation a pour objectif de renforcer l’offre de soins territoriale proposée aux patients dépendants ou à risque de dépendance institutionnelle. En soutien aux structures de secteur, l’équipe entend proposer une évaluation et un accompagnement correspondant aux besoins des patients hospitalisés ou en situation complexe.

Dans cette perspective, le champ d’action du pôle s’articule autour de l’évaluation des situations cliniques et parcours complexes et de la construction d’un projet de soins ou de vie pour l’usager, via l’équipe mobile pluridisciplinaire qui intervient de manière transversale et en lien avec les partenaires notamment avec les secteurs.

L’assistante socio-éducative n’intervient pas tout de suite dans le parcours de soins de l’usager. En effet l’évaluation médicale est prioritaire et permet au nouvel arrivant de trouver ses repères. C’est alors le temps de l’observation de quelques jours pour Nathalie Belouar qui attend le bon moment pour établir un lien avec le patient : « Avant l’arrivée d’un patient je reçois un document de renseignements sociaux transmis par ma collègue de l’équipe mobile. Dès lors je sais exactement quelles seront mes priorités de travail. Je reçois toujours le patient dans la semaine de son admission afin d’évaluer au mieux sa situation. »

En effet c’est un métier à multiples missions où l’assistante socio-éducative est l’interface entre les institutions et le patient.

Si la partie administrative n’est pas à nier, les tâches sont beaucoup plus diverses, notamment lorsqu’elles sont exercées dans le milieu hospitalier : recherches et visites de structures médico-sociales (FAM, MAS par exemple), rencontre des partenaires du milieu médico-social. Il est important de prendre également en compte la sphère familiale.

La construction d’un réseau pérenne et fiable est indispensable pour mener à bien les projets du patient : « il y a une véritable continuité dans la prise en charge du patient. Toute l’équipe se mobilise auprès de lui et à sa sortie, nous transmettons toutes les informations nécessaires à la structure de relais tout en assurant un suivi de notre part pendant 6 mois, grâce à des visites régulières. »

Travailler en psychiatrie, des problématiques qui sont spécifiques

Nathalie Belouar n’a pas toujours travaillé en psychiatrie. Bien qu’elle y ait fait ses débuts en 2012, elle s’est ensuite consacrée au service social de polyvalence de secteur (protection de l’enfance, violences conjugales…) pendant 7 ans.

Elle a ensuite rejoint le GHU Paris : « les problématiques sont différentes en psychiatrie car elles sont concrètes et les besoins, pragmatiques : retrouver ses droits, son titre de séjour, chercher un hébergement pour la sortie ». Pour les patients, hospitalisés parfois depuis de nombreux mois du fait de leur pathologie, l’hôpital étant par définition un lieu de soins et non un substitut de domicile vie, le projet est donc d’élaborer un projet de vie adapté.

« Je leur redonne une place de citoyen »

L’assistante socio-éducative n’évoque pas les soins médicaux avec les personnes qu’elle rencontre mais elle les écoute tout en tenant compte de la clinique. Elle parle de leur autonomie, de leur compétence, de leurs ressources mobilisables : « je les encourage et les soutiens dans leur acquis, je les guide mais je ne fais pas à leur place. Par cette autonomie, je leur redonne une place de citoyen, je leur dis qu’ils sont maîtres de leur décision. Bien sûr, je suis toujours à coté pour les aider si besoin. »


Geneviève : de l’EHPAD au Foyer d’Accueil Médicalisé (FAM)

Geneviève, 70 ans est arrivée en octobre 2018 pour une évaluation de 5 mois. L’équipe du secteur d’origine, nous avait fait part de leur décision d’orientation vers un EHPAD. Lors de son séjour, on a pu observer une certaine autonomie. Grâce à un travail conséquent de l’équipe de soins, du médecin psychiatre et de l’équipe éducative, on a commencé à travailler sur la relation avec ses enfants puis avec son tuteur, qu’elle n’acceptait pas. Elle se sentait emprisonnée car son indépendance était contrainte. Nous avons visité ensemble un EHPAD et cela l’a plongée dans un état dépressif. Son seul souhait était de partir vers un logement autonome mais son état psychique ne pouvait le lui permettre. Nous avons continué à chercher une structure plus adaptée avec l’équipe éducative et nous avons pu lui proposer un Foyer d’Accueil Médicalisé qui accueillait des personnes de plus de 60 ans.

Cette structure lui permettait de bénéficier d’une chambre assez spacieuse avec sanitaire et un coin cuisine, tout en ayant un étayage dans la continuité du soin et des activités proposées au sein de l’établissement. Geneviève était tout d’abord réfractaire mais après quelques mois et dans la continuité de l’accompagnement global de toute l’équipe, elle se projette aujourd’hui à intégrer cette structure. Après un rendez-vous de pré-admission, Geneviève est en attente d’une date d’admission.

Un travail d’évaluation au plus près du patient permet de revisiter le projet initial si besoin remettant l’intéressé acteur de son projet.

Le pôle Psychiatrie, Dépendance et Réhabilitation accueille et accompagne des stagiaires toute l’année : a.lereuille@ghu-paris.fr