Action pré-opératoire

Les procédures

Selon le type et la topographie de la tumeur cérébrale, le neurochirurgien peut décider de pratiquer une biopsie, c’est-à-dire un prélèvement de la tumeur à des fins de diagnostic. Elle permet d’analyser la tumeur et d’obtenir sa carte d’identité anatomopathologique et moléculaire. Trois types de biopsies peuvent être réalisées :

  • Une biopsie dite chirurgicale (à crâne ouvert), consistant en une petite craniotomie centrée sur la lésion et permettant, lorsque cette dernière est superficielle, un prélèvement direct du tissu. Cette intervention est réalisée sous anesthésie générale avec guidage par neuronavigation IRM.
  • Une biopsie à crâne fermé sous neuronavigation IRM dite « frameless » pour les anglo-saxons. Cette procédure utilise le matériel de neuronavigation IRM. Les différentes étapes sont comparables à celles de la biopsie en condition stéréotaxique si ce n’est que l’imagerie cérébrale est réalisée avant l’intervention et qu’il n’y a pas de cadre de contention du crâne. Cette technique offre cependant une moindre précision comparativement à la biopsie en condition stéréotaxique (cf ci-dessous).
  • Une biopsie à crâne fermé en condition stéréotaxique dont les principes fondateurs ont largement été développés au GHU Paris - Neuro Sainte-Anne selon la méthode historique du Pr Jean Talairach (1911-2007). Le neurochirurgien commence tout d’abord par mettre en place, au bloc opératoire et sous anesthésie locale ou générale selon les besoins, un système de repérage en cadre fixé sur le crâne du patient par le serrage de quatre pointes jusqu’à obtenir une immobilité totale entre le cadre et le crâne du patient. Il existe plusieurs systèmes de repérage (cadre de stéréotaxie) adapté à la Neurochirurgie. Le GHU Paris - Neuro Sainte-Anne dispose de plusieurs types de cadre et utilise préférentiellement le cadre de Talairach, du nom de son inventeur, pour ses multiples avantages.

Des clichés radiologiques sont réalisés au bloc opératoire pour permettre au neurochirurgien de recaler l’IRM réalisée en pré-opératoire sur le cadre de stéréotaxie fixé sur le patient à l’aide d’une console informatisée dédiée et reliée au robot chirurgical (technologie NeuroMate). Sur cette console, le Neurochirurgien définit la trajectoire biopsique, c’est à dire le trajet qu’empruntera l’outil au travers du crâne et du cerveau pour atteindre la cible constituée par la tumeur. La trajectoire offrant à la fois le moindre danger de dégât cérébral et les meilleures chances d’obtenir du tissu tumoral est choisie. Ses coordonnées sont rentrées dans la console informatisée et sont transmises au robot chirurgical qui sera chargé d’introduire et de guider avec une précision optimale, l’outil de biopsie tout au long de la trajectoire.

Une incision de 3 mm est réalisée sur la peau, un trou de mèche de 2,5mm de diamètre est réalisé dans le crâne pour permettre l’introduction de l’outil de biopsie sous le guidage du robot chirurgical. Cette procédure est sécurisée par la réalisation de clichés radiologiques qui permettent de vérifier à tout instant la bonne position de l’outil de biopsie. Une fois la cible atteinte, plusieurs prélèvements sont alors réalisés dans la tumeur puis adressés au laboratoire d’anatomopathologie pour analyse complète. Le nombre de prélèvements à réaliser n’est pas fixé à l’avance, il dépendra de plusieurs paramètres, dont l’hétérogénéité de la tumeur à l’IRM, ses caractéristiques, sa position, son risque de saignement, etc…

Une fois les prélèvements réalisé, le cadre de stéréotaxie est retiré en fin de procédure par le neurochirurgien avant de laisser place au personnel paramédical du bloc opératoire qui va nettoyer le site opératoire, sécher les cheveux du patient et réaliser un pansement de tête. Le patient est alors transféré en salle de réveil post-interventionnel afin d’être extubé puis surveillé par l’équipe d’Anesthésie et de Neuro-réanimation.

Votre neurochirurgien vous précisera le type de procédure de biopsie adapté à votre cas.

Les suites opératoires

Le patient est surveillé plusieurs heures en salle de soins post-interventionnels du service d’Anesthésie et de Neuroréanimation puis retourne dans sa chambre d’hospitalisation après accord de concert entre le médecin anesthésiste et le neurochirurgien. Dans les 48 heures suivants l’intervention, une imagerie cérébrale post-opératoire est réalisée systématiquement afin d’éliminer une éventuelle complication post-opératoire.