Rencontre

[BOURSE DES TALENTS CGOS] Marion Haddou, ergothérapeute au sein du GHU Paris, primée !

Dans le cadre de l’appel à participation « Bourse des talents » organisé pour ses 60 ans, le CGOS a offert la possibilité aux hospitaliers de s’exprimer et de se raconter par le texte ou le dessin.

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Deux bourses étaient distinguées : « Petite nouvelle » et « Bandes dessinées».
Parmi les 175 candidatures reçues dans la catégorie « Bande dessinée » c’est Marion Haddou, ergothérapeute au sein du GHU Paris - Avron Pôle 28ème secteur- Paris 20ème - qui remporte le 3ème prix. Nous sommes allés à sa rencontre afin d’en savoir plus sur son attrait pour la bande dessinée et comment elle le mêle à sa pratique.

Qu’est-ce qui vous a inspiré cette planche ?

L’objectif était de dessiner et de scénariser une planche, en imaginant la suite de la première case déjà dessinée. J’ai trouvé que la case inspirait l’humour de par la technique de dessin et les couleurs.  J’adore l’humour et je trouve que c’est un excellent outil pour traverser des périodes de crise. Cependant, en plein essor de l’épidémie Covid, je n’avais pas à ce moment-là envie d’en rire. Nous étions dans la période de confinement, notre travail de maintien du lien avec les patients nous prenait beaucoup de temps, et je ne me sentais pas encore capable d’en rire. J’ai donc créé un scénario plus sombre de ce qu’il allait pouvoir se passer après la crise. Ce n’était pas difficile à imaginer puisque j’ai dessiné une réalité qui s’est déjà produite à plusieurs reprises lors d’autres moments de crise. On vénère une profession à un moment puis, une fois la crise passée, les regards disparaissent de façon brutale. On n’en parle plus. Je trouve toujours ce phénomène assez déstabilisant car les soignants étaient là avant la crise, et ils travaillent encore aujourd’hui, le travail est toujours le même mais le regard du public change.

D’où vient votre passion pour la BD ?

C’était ma première vraie expérience de dessin de bande dessinée, je suis d’avantage habituée au dessin ou à l’aquarelle sans scénario. A côté, je lis des bandes dessinées et des mangas. Mes lectures ont dû m’habituer au fonctionnement de la création,où on rentre très vite dans le vif du sujet, où on conclut en une page un sujet très vaste, où on prête attention aux détails tout en restant conci. J’ai d’abord écrit les dialogues, les deux personnages étant déjà dans la première case, puis j’ai fait une (très) grande quantité de brouillons.

Vous-servez-vous de la BD dans votre profession ? avec les patients que vous suivez ?

Je suis ergothérapeute en intra hospitalier en santé mentale. J’ai déjà utilisé des planches déjà dessinées mais sans dialogues, pour travailler avec les usagers sur le domaine des habiletés sociales :repérer une émotion dessinée, y accoler un discours cohérent, analyser la relation entre des personnages selon leur gestuelle. La BD a cela d’intéressant qu’elle met l’accent sur les expressions du corps, du visage, tout en étant ludique et esthétique. C’est donc un bon support de thérapie.