Rencontre

Céline Paturel, infirmière en réanimation au sein du pôle Neuro Sainte-Anne

Publié le

Le service de neuro-anesthésie-réanimation accueille les urgences de neurologie vasculaire, neurochirurgie et neuroradiologie interventionnelle d’Île-de-France et propose une prise en charge multidisciplinaire 7J/7, 24H/24. Il accueille une dizaine de patients pouvant rester jusqu’à 20 jours consécutifs et leur assure une prise en charge dans le cadre de la permanence des soins de proximité.

Céline Paturel est infirmière depuis 3 ans dans ce service, situé au sein du bâtiment Raymond Garcin du GHU Paris, site Sainte-Anne. Diplômée de l’Institut de Formation en Soins Infirmiers Virginie Olivier (GHU Paris) en 2015, elle a intégré le service de réanimation en mars 2017, après avoir travaillé en neurologie durant 1 an et demi.

Les patients admis en service de réanimation requièrent l’utilisation de traitements et techniques particuliers 24 heures sur 24. Pouvez-vous nous en dire plus sur les spécificités de l’exercice du métier dans ce service ?

Le service de réanimation est un service de soins critiques et d’urgence, il y a beaucoup d’adrénaline au cours d’une journée. Chaque service a des soins infirmiers spécifiques, en réanimation, nous devons maintenir un équilibre des fonctions vitales et parfois les suppléer. Ainsi, en neuro-réanimation, nous avons des dispositifs et protocoles différents à appliquer selon les situations d’urgences rencontrées. L’organisation générale autour des soins du patient requiert de bonnes connaissances cliniques, pharmacologiques et l’application de dispositifs médicaux spécifiques à la neuro-réanimation (dérivations ventriculaires, capteur de pression intracrânienne etc…). Nous assurons le total suivi neurologique du patient grâce à tous ces dispositifs. Nous évaluons toute évolution chez le patient. Plus globalement, notre travail est d’optimiser l’état neurologique du patient en adoptant la meilleure prise en charge possible et le bon déroulement des soins apportés.

Chaque infirmier(e) travaille trois mois durant la nuit, puis trois mois en journée. Quelles sont les principales différences que vous avez pu constater entre ces deux rythmes?

La journée, le rythme est plus soutenu généralement : nous avons de nombreux examens, le staff médical, les visites des familles (de 15H à 22H), les soins de confort etc… La nuit il nous arrive d’avoir des examens si un patient présente une dégradation neurologique. Nous prenons également plus le temps d’effectuer nos soins, nous nous organisons différemment par rapport à la journée.  En réanimation, nous avons en moyenne 3 patients, contre 9 dans les services classiques, cela nous permet de passer plus de temps avec les patients, les familles et ainsi mieux anticiper les situations. Evidemment, la réanimation reste un service d’urgences et nous sommes prêts à réagir à tout moment.

D’après vous, quelles sont les principales qualités à avoir pour exercer ce métier ?

Un infirmier doit être réactif, avoir de bonne connaissances pharmacologiques, il doit savoir communiquer avec les patients, les familles mais aussi avec le reste de l’équipe, notamment lors des situations d’urgences ou des transmissions. En réanimation, nous devons également avoir de bonnes connaissances générales (cardio-vasculaires etc…). Nous « actualisons » d’ailleurs sans cesse nos connaissances. C’est un service très formateur qui peut ouvrir vers de nouvelles évolutions professionnelles (IADE etc…).

Nous traversons actuellement une période hors norme, comment avez-vous vécu ces derniers mois avec l’apparition du Covid au sein de votre service ?

Au début je me suis sentie un peu dépassée par la situation. Nous étions face à un virus inconnu avec une prise en charge nouvelle pour nous. Le début de la première vague a été compliquée avec le manque de matériel mais grâce aux dons que nous avons pu recevoir de la part de plusieurs sociétés, une solidarité s’est créée au sein du service. Les liens entre les soignants se sont resserrés et ça ne peut être qu’être positif pour l’avenir. De plus, les réanimateurs ont su se montrer rassurants durant cette période et ont pu aiguiller, au mieux, les prises en charge des patients covid.

Notre rythme de travail a été maintenu, en plus de journées/nuits de « mobilisation ». Dans ce cas, le soignant (infirmier et aide-soignant) reste au domicile et est appelé si la charge de travail le requérait. Nous marchions, comme toujours, en binôme (IDE et AS) pour deux patients covid. Nous avions toujours un aide-soignant en plus qui était « volant ». En effet, celui-ci nous faisait passer le matériel manquant dans les chambres (car nous ne pouvions pas sortir comme à l’accoutumée), il répondait également au téléphone si besoin etc... Enfin, un ASH était présent également la nuit pour permettre d’apporter les bilans au laboratoire mais aussi pour effectuer le bio nettoyage de la reanimation. Ça a été un rythme soutenu et donc assez fatiguant pour toute l’équipe mais nous nous en sommes sortis malgré tout !