Rencontre

Giuseppe Lia, ingénieur et BIM Manager du GHU Paris

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Giuseppe Lia est BIM Manager au sein de la Direction de l’Ingénierie, des Travaux, de la Maintenance et du Patrimoine (DITMP) du GHU Paris depuis le mois de janvier.

BIM signifie Building Information Modeling ou Modélisation des données des bâtiments en français.
Sa mission consiste à regrouper sur une maquette numérique 3D toutes les informations d’un bâtiment, de la conception à sa livraison, en passant par le chantier. «Avant, seuls les architectes et/ou les ingénieurs arrivaient à imaginer l’espace à partir d’un plan 2D . Grâce à la méthodologie BIM, on construit le bâtiment avec des logiciels qui permettent de le visiter virtuellement, se projeter dans l’espace devient accessible à tous. BIM signifie construire virtuellement un projet».

Actuellement en charge de la supervision des maquettes du projet Neuro Sainte-Anne, Giuseppe Lia nous ouvre les portes de ce chantier : «Notre objectif est de traduire toutes les informations géométriques et techniques du bâtiment sur la maquette. Par exemple, lorsqu’on intègre une fenêtre il ne s’agit pas simplement d’un objet géométrique : dans les projets BIM modéliser une fenêtre comprend l’intégration de certaines données: sa fiche technique, son prix, où l’acheter, son modèle, etc… Ce sont toutes les informations que l’on écrivait auparavant dans un document descriptif annexe. La maquette BIM n’est pas seulement une maquette 3D, c’est surtout une plateforme, une base de données.

Le principal avantage de cet outil est que nous travaillons sur une seule et même maquette pour l’ensemble des corps de métiers durant toute la durée du projet. Cette maquette doit être mise à jour constamment.  Par exemple, quand on aura terminé les maquettes du Neuro Sainte-Anne, si on doit  faire la maintenance des radiateurs au sein du pôle, on aura accès à toutes les données techniques chargées sur la plateforme BIM (maquette) avec en plus la facilité graphique de les localiser grâce à la 3D. »

>> Lire l’article Quid du projet Neuro Sainte-Anne 2022 ?

 

 

 

 

Quel parcours pour un BIM manager ?

 

Quand j’ai commencé il n’existait pas de parcours de formation spécifique pour apprendre ce métier mais plutôt des cours complémentaires qui portent sur des logiciels: «La majorité des gens pensent que le BIM est un logiciel, mais en réalité c’est une méthodologie de travail qui se sert de plusieurs logiciels. Cela nécessite d’abord une maitrise informatique mais aussi une organisation du travail basée sur la communication entre les différents acteurs de la filière du bâtiment. Avant même la création de la maquette, je dois déjà avoir en tête les informations que j’y intègre, les contributeurs du processus BIM et les objectifs à atteindre. L’autre intérêt du BIM est de pouvoir anticiper les erreurs, à travers l’analyse des collisions, et donc réduire les erreurs sur le chantier».

 

Il existe trois figures BIM : le modélisateur qui dessine en 3D l’ouvrage, le coordinateur BIM, qui coordonne les différents corps d’état et/ou maquettes et le BIM manager qui «donne les règles du jeu» : il est garant de la maquette finale, de la charte BIM, des règles à respecter, doit s’assurer de la qualité des maquettes, de la formation de son équipe etc…

Des agents de la DITMP sont actuellement en cours de formation sur un logiciel largement utilisé dans le BIM en tant que modélisateurs.

L’architecture et l’hôpital

Giuseppe Lia nous explique que la spécificité  d’exercer ce métier dans un hôpital est l’interaction avec les corps d’état techniques, notamment le matériel biomédical qui est la partie principale du bâtiment : «Quand je suis arrivé, la première chose que j’ai faite est de parler aux services biomédicaux. J’ai rencontré Sébastien Pons et nous avons analysé ensemble les possibilités d’intégration avec la maquette. Ils utilisent déjà une plateforme de gestion ; notre objectif est de la connecter avec la maquette BIM.»

Plusieurs projets sont en cours au sein du GHU Paris notamment les structures situées rue de la Chapelle où on a commencé avec le relevé 3D du bâtiment de même qu’au Pavillon I (Sainte-Anne). A partir du scan 3D (nuage de points) nous avons la possibilité de créer une maquette de l’existant sur laquelle définir le nouveau projet. Les pavillons E et F et Neuro Sainte-Anne ont déjà bénéficié de ce processus.