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Opération Cortex, l’escape game de l’Inserm decrypté par Thierry Galli

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L’escape game fait entrer le participant dans le cerveau et ses complexités. Comment avez-vous procédé dans l’exercice de vulgarisation à la fois dans l’explication du fonctionnement du cerveau et des termes médicaux?


Le 1er escape game a eu lieu le 16 novembre dernier, pouvez-vous nous livrer les premiers retours des participants, avez-vous un premier bilan de cet événement ?

Les retours que j'ai eus sont que ce premier Escape Game scientifique d'un organisme de recherche scientifique français a beaucoup plu aux participants. Ils ont appris des choses, ont-ils dit, en même temps qu'ils se sont amusés en équipe. Ce concept de jeu de groupe s'applique très bien à la science car la recherche est un travail d'équipe, exactement comme l'Escape Game. Il véhicule un message très positif.

Pourquoi est-ce important pour un laboratoire de recherche de créer ce lien avec le grand public ?  Quels sont les objectifs de cette opération ?

Nous devons au public de lui expliquer ce qu'est la science, et ce que les chercheurs font dans leur laboratoire. Trouver la bonne manière de communiquer de manière simple et didactique n'est pas évident. Mine de rien, dans cet Escape Game, nous avons logé des idées innovantes, très proche de la recherche, notamment ce cerveau organoïdes capable de vivre et d'apprendre dans la boîte connectée! Il y a aussi un peu de génétique, un peu de microbiologie.

L’escape game fait entrer le participant dans le cerveau et ses complexités. Avez-vous rencontré des difficultés dans l’exercice de vulgarisation à la fois dans l’explication du fonctionnement du cerveau et des termes médicaux? Comment avez-vous procédé ?

Nous avons proposé quelques idées à une société spécialisée dans les Escape Game, pas du tout composée de scientifiques. Nous avons développé ce concept futuriste d’un cerveau reconstitué in vitro en 2064, pour les 100 ans de l’INSERM qui perd sa mémoire, sa circulation sanguine, son fonctionnement. Cela fait très science-fiction mais avec un fond solide de science. Les participants doivent réparer le cerveau organoïde en répondant aux énigmes et éviter les chausse-trappes, le tout en équipe pour tenir dans les 45 minutes imparties. En quelques mots, je viens de décrire ce qui fait le quotidien du chercheur en neurosciences, sans les difficultés techniques, sans le jargon de spécialiste. Des posters didactiques complètent la ‘formation’ des joueurs pour leur donner quelques infos clés comme le fait que le cerveau ne représente que 2 % de la masse du corps humain, mais 20% de sa consommation énergétique d’où l’importance absolument primordiale de l’irriguer.

La force du jeu tient aussi dans l’accompagnement. En effet, des chercheurs étaient présents pendant le weekend pour discuter de leurs recherches et répondre aux questions. Cela permet au public de mieux comprendre ce que nous faisons et d’incarner nos recherches. Si cet Escape Game pouvait aussi créer, parmi les plus jeunes joueurs, quelques vocations futures pour la recherche scientifique, éviter de véhiculer des craintes vis-à-vis de la science et de la recherche médicale, alors nous aurions rempli tous les objectifs. Ce concept de jeu de groupe s’applique très bien à la science car la recherche est un travail d’équipe, exactement comme l’Escape Game. Il véhicule un message très positif.

Le concept va-t-il être développé hors les murs?

L’Escape Game va se déplacer en France. L’IPNP est très fier d’avoir contribué à son développement et avoir été le premier à l’héberger sur le site Sainte-Anne. Pour le public qui est venu jouer, cela nous met ‘sur la carte’ de la recherche sur le cerveau!

Évidemment, c’est ouvert à tous. Le problème essentiel c’est le succès: les sessions à l’IPNP ont été réservées en une heure! Il faut s’inscrire à la vitesse de l’éclair. C’est comme réserver des places pour un concert de stars!