Les tumeurs cérébrales

Rencontre avec le Pr Pallud pour tout savoir sur les tumeurs cérébrales :
Il faut savoir que les tumeurs cérébrales sont plus rares que les cancers. Elles touchent le cerveau ce qui va entrainer par la suite des déficits qui vont rendre les patients plus vulnérables et altérer leur qualité de vie. Elles constituent un enjeu de santé publique majeur.
De quoi parle-t-on quand on parle de tumeur cérébrale ?
Il y a deux grands types de tumeurs cérébrales :
Les enveloppes du cerveau sont les méninges et les tumeurs les plus fréquentes des enveloppes des méninges sont les méningiomes.

Les tumeurs du cerveau les plus fréquentes sont les gliomes. Les gliomes se sont eux qui constituent le véritable enjeu de santé publique car ce sont les plus difficiles à traiter.

Au sein des gliomes on peut avoir des tumeurs totalement bénignes jusqu’à des tumeurs extrêmement malignes qui sont des équivalents de cancers du cerveau. Entre les deux se trouvent des tumeurs de gravité intermédiaire. L’un des enjeux est de savoir très vite chez un patient quel type de gliomes il a, est-ce un gliome agressif ou peu agressif ? Cela va permettre de conditionner la suite de sa prise en charge.
Il y a 3 grands types de symptômes révélateurs de tumeurs cérébrales.

  • Le premier est le déficit neurologique, c’est-à-dire la perte d’une fonction neurologique. Quand un patient arrive avec un déficit neurologique nouvellement installé il faut bien sûr penser à l’accident vasculaire cérébrale (AVC) ce qui motive une prise en charge en urgence. Une fois que l’accident vasculaire cérébrale est éliminé, il faut évoquer d’autres pistes dont les tumeurs cérébrales.
  • Le deuxième groupe de symptômes sont les crises d’épilepsie. Une première crise d’épilepsie chez un adulte doit faire évoquer la présence d’une tumeur cérébrale et entrainer une prise en charge diagnostique.
  • Enfin, les tumeurs cérébrales peuvent se révéler par des maux de tête. Ce ne sont pas les maux de tête de « monsieur tout le monde » il ne faut pas s’en inquiéter, mais ce sont des maux de tête inhabituels de par leur installation, leur permanence et leur augmentation progressive. Dès lors, ils doivent pousser à consulter.
  • Enfin, une tumeur cérébrale peut être découverte par hasard de façon fortuite lors d’une IRM ou pour tout autre examen.

Notre première mission va être de confirmer le diagnostic de tumeur cérébrale chez un patient qui nous est adressé soit par un service d’urgence, un médecin traitant ou encore par un collègue neurologue.
Au sein du pôle Neuro sainte-anne nous avons toutes les spécialités permettant d’affiner le diagnostic avec les modalités d’imagerie dont les IRM à haut champ jusqu’à la biologie moléculaire et l’analyse anatomopathologique.
Nous aurons recours à ces différents spécialistes pour étayer nos hypothèses diagnostiques qui vont permettre de proposer une prise en charge chirurgicale adaptée.

La chirurgie aura deux rôles. Le premier rôle est diagnostic et le second est le rôle de traitement.
Une de nos spécificités est de pouvoir opérer des patients porteurs de tumeur cérébrale qui ont été jugés inopérables ailleurs.
Comment faire ?
Il se trouve que nous mettons à profit l’expertise en neurosciences de notre pôle neuro Sainte-Anne pour pouvoir aller plus loin dans la chirurgie de résection et surtout vérifier pendant la chirurgie que nous n’altérons pas les fonctions cérébrales importantes. Cela permet de retirer la tumeur tout en maintenant la qualité de vie des patients
La chirurgie éveillée, c’est le fait d’avoir un patient qui est conscient, réveillé qui peut et interagir avec le chirurgien mais aussi les neuropsychologues et l’orthophoniste pendant la chirurgie. Cela permet de tester certaines fonctions cérébrales, de les observer et de les préserver pendant la chirurgie.

Suivi post-opératoire

Nous aiguillons nos patients vers les centres de références qui sont nos partenaires au sein du GHU psychiatrique et neurosciences pour leur offrir la prise en charge post-opératoire la plus adaptée. Certaines tumeurs vont nécessiter une simple surveillance après la chirurgie. A l’inverse, d’autres tumeurs vont nécessiter un traitement complémentaire qui sont les mêmes armes que celles du cancer. De la radiothérapie, de la chimiothérapie ou même une association des deux. Nous allons aiguiller nos patients vers le spécialiste adapté à chaque cas.
Enfin, au sein du pôle neuro Sainte-Anne, nous coordonnons la surveillance au long court et la poursuite de la prise en charge à l’issue de tous ces traitements.
Grâce à une prise en charge qui est centrée sur l’optimisation et le maintien de la qualité de vie des patients, on observe de plus en plus de patients qui, après le traitement de leur tumeur cérébrale, peuvent reprendre une vie normale.

 

Les tumeurs cérébrales expliquées par le Pr Pallud, PU PH, Neurochirurgien au GHU Paris

Neurochirurgie : le prisme des tumeurs cérébrales