Pôle PEPIT (Pôle hospitalo-universitaire d’Evaluation Prévention et Innovation Thérapeutique)

Chef de pôle : Pr Marie-Odile Krebs
Cadre de pôle : Jean-Manuel Morvillers
Site Sainte-Anne - Pavillon G
1 rue Cabanis - 75014 Paris

Présentation du pôle PEPIT

Le Pôle hospitalo-universitaire d’Evaluation Prévention et Innovation Thérapeutique (PEPIT), rattaché à la Présidente de CME, doit devenir une plate-forme transversale sur le GHU (soins, recherche, enseignement) destinée à favoriser l’intervention précoce, la recherche translationnelle et l’innovation thérapeutique.

Il regroupe des consultations spécialisées pour les pathologies émergentes du jeune adulte et de l’adolescent (CJAAD), les maladies rares et les troubles du neurodéveloppement principalement pour leur problématique de la transition adolescent – jeune adulte, et des lits d’hospitalisation à créer, tout en déployant des programmes d’information, de formation, et de recherche sur ces thématiques.

Le pôle aura pour mission de structurer les moyens cliniques dans le champ du diagnostic et de l’intervention précoce et personnalisée de l’adolescent et du jeune adulte sur le GHU. Il aura aussi comme mission de faciliter la mise en œuvre du programme Recherche Hospitalo Universitaire (RHU) financé par les Investissements d’Avenir « PsyCARE », destiné à promouvoir une psychiatrie préventive et personnalisée et son déploiement sur le territoire du GHU et au travers du réseau Transition coordonnant les centres d’intervention précoce l’échelle nationale.

Centre d’évaluation pour jeunes adultes et Adolescents (C’JAAD)
Tél : 01 45 65 81 79 Courriel
Centre référent maladies rares à expression psychiatrique (CRMRpsy)
Tél : 01 45 65 81 79 Courriel
Centre d'Evaluation et de Recherche Clinique (CERC)
Tél : 01 45 65 74 97

Le Centre d’évaluation pour Jeunes Adultes et ADolescents (C’JAAD) reçoit des jeunes de 15 à 30 ans qui rencontrent des difficultés psychiques débutantes.
Au travers de consultations médicales et infirmières, et éventuellement de tests neuropsychologiques et d’explorations complémentaires (biologie, imagerie), un diagnostic de la situation est réalisé et restitué au patient. 
Une orientation est alors proposée.


Pour qui?
Le C’JAAD accueille des jeunes franciliens présentant des symptômes psychiatriques préoccupant. Le retentissement sur la scolarité, sur l’activité professionnelle, ou la vie sociale peuvent constituer de légitimes sources d’inquiétude nécessitant une évaluation.

Le C’JAAD n’est pas approprié pour les troubles établis pris en charge depuis plusieurs années, ni pour des situations d’urgence.

Si les difficultés rapportées par le jeune ne relèvent pas des compétences de l’équipe, des conseils et des coordonnées de centres ou de praticiens plus adaptés sont alors proposés.

L’arrivée
Différents modes d’accès à la consultation du C’JAAD sont possibles :

  • Les jeunes patients et/ou leur entourage à la recherche d’un avis médical peuvent s’adresser directement au centre pour demander un RDV,
  • Les médecins généralistes, scolaires ou psychiatres (des hôpitaux ou libéraux) peuvent adresser directement une demande d’évaluation au  C’JAAD pour les jeunes patients qu’ils suivent.

Toutes ces demandes font l’objet d’un premier entretien téléphonique entre le jeune, son entourage et  notre infirmière référente. Cet entretien a pour objet de caractériser les principales difficultés afin de mieux comprendre la demande. Ces demandes sont ensuite étudiées lors d’une réunion d’équipe hebdomadaire, avant de proposer un premier rendez-vous avec un médecin psychiatre, ou éventuellement une autre orientation.

L’évaluation
Le jeune, si possible accompagné de son entourage familial, est reçu par un médecin psychiatre au cours d’un premier entretien. Lors de ce premier rendez-vous, il est important de nous rapporter le maximum d’éléments médicaux (dont le carnet de santé). Selon la nature et l’ampleur des difficultés rencontrées par le patient, des bilans neuropsychologique, biologique et d’imagerie sont susceptibles d’être proposés à des fins diagnostiques.
Ces bilans, ainsi que certaines prises en charge, peuvent être proposés dans le cadre de protocoles de recherche, en coordination avec l’unité de recherche INSERM U 894 rattachée au service.
Dans certaines situations, une hospitalisation pourra être proposée, afin de compléter l’évaluation ou de mettre en place un traitement médicamenteux.


L’orientation
Une restitution de l’évaluation s’effectue en présence du patient accompagné, s’il le souhaite, de sa famille. Elle comprend la synthèse des entretiens et les résultats du bilan complémentaire le cas échéant. A l’issue de l’évaluation CJAAD :

  • Pour les patients présentant certains symptômes psychiatriques spécifiques, un suivi d’une durée d’un à deux ans peut être proposé : ce projet de soins est envisagé en concertation avec le patient.
  • Pour les patients ne répondant pas aux critères de suivi, une orientation pour la prise en charge ultérieure est proposée (en libéral ou sur un centre médico-psychologique).

N.B. : les patients mineurs, peuvent venir seuls, néanmoins la discussion d’un traitement ou d’une hospitalisation devra être discutée avec les représentants de l’autorité parentale.   
 

En janvier 2017 le GHU Paris postulait pour obtenir une labellisation Centre de Référence Maladies Rares (CRMR) dans le cadre d’un appel à projets initié par le Ministère des affaires sociales et de la santé et par le Secrétariat d’Etat chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche pour la période 2017-2022. Par cette démarche, le GHU Paris s’inscrivait dans le 3ème Plan National Maladies Rares dont les ambitions étaient la simplification de l’orientation des personnes malades et des familles,  la recherche d’un recouvrement territorial équitable et pragmatique et le rehaussement du niveau d’exigence requis en recherche des CRMR. La Direction Générale de l’Offre de Soins a positionné le GHU paris en tant que Centre constitutif du Centre Référence Maladies Rares à expression psychiatrique coordonné par le Pr D. Cohen. Ce CRMR s’intègre au sein de la filière de soins « DefiScience », qui concerne les maladies rares du développement cérébral. Deux centres constitutifs et le centre coordonnateur ont pour mission de coordonner et de promouvoir l’amélioration des prises en charge des maladies rares à expression psychiatrique en France, en s’appuyant sur des centres associés, répartis sur le territoire.
Quelques chiffres pour comprendre
En France une maladie est dite rare lorsqu’elle affecte moins d’une personne sur 2000.

  • 80% des maladies rares sont d’origine génétique.
  • ¾ des maladies rares sont des maladies pédiatriques générant des incapacités sévères, mais certaines formes incomplètes ne se révèlent qu’à l’âge adulte.
  • Dans le domaine des maladies psychiatrique, on estime que à 4 à 5 % des patients atteints de troubles psychiatriques sont porteurs d’une anomalie génétique de type « microdélétion » ou « microduplication » ; la plus fréquente d’entre elle étant celle touchant 22q11 (1/2000 à 1/4000  syndrome de Di George), mais peu de patients sont dépistés.
  • Chez environ 3% des troubles psychotiques on peut identifier une pathologie organique rare, des troubles chromosomiques, génétiques, ou métaboliques.


Voir article de Boris Chaumette : Les troubles psychiatriques peuvent cacher des maladies rares

Premier RHU dédié à un projet relevant de la psychiatrie, PsyCare  vise à promouvoir une psychiatrie préventive et personnalisée en répondant aux enjeux suivants :

  • Identifier des marqueurs de progression de la psychose et des cibles thérapeutiques correspondantes ;
  • Développer de nouvelles applications permettant un entraînement cognitif et un accompagnement personnalisés ;
  • Mettre en place une plate-forme permettant le traitement des données pour un dispositif d’aide à la décision pour les professionnels de la santé;
  • Sensibiliser le public à la santé mentale et former les professionnels travaillant avec les adolescents et les jeunes adultes, en offrant des ressources accessibles sur un site dédié.

L’intervention précoce comme credo de PEPIT :

1ère cause de handicap chez les jeunes adultes, les maladies psychiatriques doivent faire l’objet d’une détection et d’une intervention précoces. Or, les retards de prise en charge sont majeurs (en moyenne 7 ans) avec 4 à 5 ans de non détection pendant la période prodomique (où les troubles sont présents sous une forme atténuée) puis 2 ans de retard d’accès aux soins, en moyenne, après que le trouble se soit déclaré.
Les interventions précoces visent en premier lieu à réduire le retard d’accès aux soins (« durée de psychose non traitée ») pour favoriser la mise en place rapide d’un projet de soin personnalisé et une rémission de qualité et d’autre part, à intervenir dès les premiers symptômes (phase prodomique) pour prévenir la  progression vers les phases plus graves de maladie et le handicap psychique tout en améliorant le pronostic fonctionnel.
L’intervention précoce est rentable au niveau médico-économique : 1 euro investi en fait économiser 15.

Le pôle PEPIT propose de déployer sur le GHU une plateforme d’intervention précoce, à destination des jeunes de 15 à 30 ans présentant un trouble psychique émergent avec caractéristiques psychotiques, qu’il y ait ou non un trouble du neurodéveloppement ou du spectre autistique préalable ou une consommation de toxique associée, avec les objectifs suivants :

  • Diminuer le délai d’accès aux soins spécialisés et adaptés, en articulation avec les professionnels du secteur et les acteurs sociaux et médico-sociaux ;
  • Permettre un diagnostic  précoce par une évaluation multidisciplinaire;
  • Identifier d’éventuelles maladies rares ou comorbidités médicales ;
  • Proposer une prise en charge intensive et structurée, adaptée à l’individu ;
  • Diminuer la discontinuité des parcours ;
  • Prévenir ou réduire le handicap et la désinsertion des parcours de vie des jeunes ; 
  • Déployer les nouvelles pratiques de « case management » pour des infirmiers en pratique avancée dans ces phases précoces; 
  • Enfin, en s’appuyant sur le programme PsyCARE (Investissement d’avenir), le développement de la recherche et de pratiques innovantes de prévention. 

En pratique,  le dispositif proposera un parcours comportant :
-    Des actions de sensibilisation et de formation sur les troubles mentaux 
-    Un outil de repérage en ligne, à disposition des intervenants de première ligne
-    Une évaluation systématisée biopsychosociale psychiatrique, neuropsychologique, médicale et développementale (avec bilan biologique, électro-encéphalogramme et une IRM cérébrale) 
-    Une intervention globale et personnalisée,  basée sur l’évaluation pouvant inclure :

  • un suivi médical, principalement en ambulatoire ;
  • des Thérapies Cognitivo-Comportementales individuelles ou en groupe, centrées selon les cas, sur la gestion du stress, les symptômes négatifs, l’entretien motivationnel, les habiletés sociales ;
  • des programmes de remédiation cognitive ;
  • un programme de psychoéducation à destination des patients et de leurs familles (programme I CARE, You CARE) récemment validé comme ETP ;
  • un accompagnement intensif dans le milieu avec un parcours d’insertion ou de reprise d’études,  par une prise en charge de type « case management » ;

-    Une équipe mobile permettant de faire le lien avec les partenaires du territoire ;
-    Une possibilité d’hospitalisation courte, hors urgence, pour permettre une évaluation prolongée, la mise en place d’une thérapeutique et un retour rapide au suivi ambulatoire. 
 

Le Centre d’évaluation et de Recherche Clinique est une unité fonctionnelle dédiée à l’innovation et la recherche clinique.
Nous développons des protocoles de recherches en psychiatrie et santé mentale faisant appel aux dernières technologies pour le phénotypage digital, les analyses génétiques et les applications de eSanté.