[20 DEC 2019] Des correspondances génomiques entre certains troubles psychiatriques démontrées

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Une nouvelle étude mondiale menée par plus de 600 chercheurs dans laquelle la Clinique des Maladies Mentales et de l’Encéphale (CMME) du GHU Paris est impliquée vient d’être publiée dans la revue Cell.

La publication porte sur la méta-analyse d’études pan-génomiques mondiales.  En clair, il s’agit de comparer la fréquence de formes de gènes dans  l’ensemble du patrimoine génétique de patients comparés à une population contrôle. Cette analyse génomique s’est appuyée sur les études existantes concernant 8 « catégories » de troubles psychiatriques les plus fréquents : l’anorexie mentale, le Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH), les troubles du spectre de l’autisme (TSA), les troubles bipolaires, la dépression, les troubles obsessionnels compulsifs (TOC), la schizophrénie et enfin  le syndrome Gilles de la Tourette.

 

La recherche a été menée auprès de 230 000 personnes atteintes de troubles psychiques en corrélation avec  500 000 individus «  contrôles » et donc sans troubles.

Plus de 100 variants (polymorphismes) ont ainsi été repérés. Il en ressort que 3 groupes de troubles psychiatriques : l’anorexie, les (TOC) et le syndrome Tourette présentent de nombreux variants génétiques en commun. Quant au trouble schizophrénique, il se situe dans un spectre incluant trouble bipolaire et dépression.

C’est la première fois que les limites des différents troubles psychiatriques sont testés selon leur carte d’identité génétique. De manière intéressante, les gènes qui prédisposent à la maladie mentale de manière non spécifique (aussi appelés effets pléiotropes) s’expriment majoritairement lors du deuxième trimestre de la grossesse, c’est-à-dire durant la séquence-clé du neurodéveloppement.

Ces découvertes peuvent être déterminantes à terme, au-delà des outils diagnostiques, en matière de nosologie (classification des maladies), de détection précoce, et de thérapeutique pharmacologique.